Fournisseur d’énergie le moins cher : élec, gaz ou duo ?
Le fournisseur d’énergie le moins cher n’est pas le même pour tous les foyers. Cet article compare les offres d’électricité et de gaz du moment, calcule leur coût selon la consommation et explique pourquoi deux contrats séparés coûtent souvent moins cher qu’une offre duale.


Le réflexe malin pour alléger vos dépenses
Découvrir mon offreLe prix repère du gaz a encore augmenté en octobre, et le tarif réglementé de l’électricité a été relevé en août. À l’approche de l’hiver, beaucoup de foyers veulent savoir quel fournisseur leur fera payer le moins. Aucun fournisseur n’est pourtant le moins cher pour tout le monde : le classement dépend de la construction du prix, entre abonnement et kWh, du profil du logement et du type de prix, fixe, indexé ou libre.
Les offres d’électricité sont d’abord comparées au Tarif bleu, avec un calcul pour un petit et pour un gros consommateur. Viennent ensuite les offres de gaz face au prix repère de la CRE, puis le choix entre prix fixe et indexé. La question du duo suit : ce que l’offre duale apporte, pourquoi deux contrats séparés reviennent souvent moins cher et dans quels cas le regroupement se justifie. La dernière partie détaille la méthode pour trouver l’offre la moins chère : les informations à relever sur sa facture, le choix du comparateur et les clauses à vérifier avant de signer.
Pourquoi le « fournisseur le moins cher » dépend de votre profil
Trois éléments déterminent le classement des fournisseurs pour un foyer donné : la construction du prix, les caractéristiques du logement et le type de prix choisi. En les connaissant, on évite de signer une offre présentée comme la moins chère qui ne l’est pas pour sa propre situation.
Abonnement et kWh, les deux lignes qui font la différence
Une facture d’énergie comprend trois blocs. Le premier est l’abonnement, payé chaque mois quelle que soit la consommation. Le deuxième est le prix du kilowattheure consommé, et le troisième regroupe les taxes. Ces dernières (TVA, accises, contribution tarifaire d’acheminement) sont fixées par l’État et ne changent pas d’un fournisseur à l’autre. Les fournisseurs ne se font donc concurrence que sur l’abonnement et sur le prix du kWh.
Ces deux lignes n’évoluent pas forcément dans le même sens. Un fournisseur peut afficher un kWh très bas et se rattraper sur l’abonnement. En octobre 2026, l’abonnement des offres de gaz à prix fixe varie ainsi de 28,45 € à 43,12 € TTC par mois selon le fournisseur. L’écart dépasse 170 € sur l’année avant même le premier kWh consommé.
Puissance, option tarifaire, consommation et zone gaz
En électricité, le prix de l’abonnement dépend de la puissance souscrite (3, 6 ou 9 kVA, par exemple). L’option tarifaire, Base ou Heures pleines/Heures creuses, fait varier le prix du kWh selon l’heure de la journée. Un studio chauffé au gaz consomme peu d’électricité, et son occupant a donc intérêt à comparer d’abord les abonnements. Dans une maison tout électrique, au contraire, l’essentiel de l’économie vient du prix du kWh.
Le gaz ajoute un critère géographique. La plupart des fournisseurs répartissent le territoire en six zones tarifaires, car l’acheminement du gaz ne coûte pas partout la même chose. Le prix d’un même contrat peut donc changer d’une commune à l’autre, et c’est pour cette raison que les comparateurs demandent toujours un code postal.
Prix fixe, indexé ou libre : le tarif d’aujourd’hui n’est pas celui de demain
Une offre à prix fixe garantit le tarif pendant la durée prévue au contrat, en général entre un et trois ans. Il faut toutefois lire les conditions, car le plus souvent seul le prix du kWh hors taxes est bloqué. L’abonnement et les taxes peuvent donc changer en cours de contrat.
Une offre indexée suit une référence publique, avec souvent une remise fixe : le tarif réglementé pour l’électricité, le prix repère publié par la CRE pour le gaz. Avec une offre à prix libre, le fournisseur peut modifier ses tarifs quand il le souhaite, à condition d’en informer ses clients un mois à l’avance. L’offre la moins chère au moment de la souscription peut donc perdre cet avantage quelques mois plus tard.
Électricité : les fournisseurs les moins chers en ce moment
Le Tarif bleu d’EDF reste la référence de prix du marché, et plusieurs offres de marché passent aujourd’hui sous son niveau. Le classement entre ces offres dépend pourtant de la quantité d’électricité consommée chaque année.
Le Tarif bleu d’EDF, la référence à battre
Le tarif réglementé de vente de l’électricité (TRVE) est commercialisé par EDF et par quelques entreprises locales de distribution. La Commission de régulation de l’énergie propose de le réviser deux fois par an, en février et en août, et le gouvernement valide ensuite ce nouveau barème. Au 1er août 2026, il a augmenté de 2,5 % TTC en moyenne. Cette hausse s’explique par le coût du réseau et par le nouveau mécanisme de capacité, pas par le prix de l’électricité elle-même. Elle touche 19,37 millions de foyers, ainsi que les clients dont l’offre de marché est indexée sur le tarif réglementé.
En option Base et pour une puissance de 6 kVA, le Tarif bleu coûte 15,86 € TTC par mois d’abonnement et 0,2001 € TTC par kWh. Toutes les offres doivent être comparées à ce barème.
Les offres qui passent sous le tarif réglementé
Le tableau ci-dessous reprend cinq offres dont le kWh est moins cher que celui du Tarif bleu. Les prix sont donnés pour la même configuration.

Option Base, 6 kVA, prix pour une souscription à partir du 1er octobre 2026.
Ohm Énergie propose le kWh le plus bas, mais avec un prix libre : le fournisseur peut le relever à tout moment, à condition de prévenir ses clients un mois avant. L’offre de Primeo coûte un peu plus cher et garantit son prix jusqu’à fin 2027. Avec Gaz de Bordeaux et Alpiq, l’abonnement reste au niveau de celui du Tarif bleu, et seul le kWh est moins cher.
Petit ou gros consommateur, le calcul qui change le classement
Le coût annuel se calcule simplement : on additionne douze mois d’abonnement et le prix du kWh multiplié par la consommation. Le calcul ci-dessous porte sur deux profils, à puissance égale pour simplifier.

Calculs réalisés à partir des grilles tarifaires des fournisseurs au 1er octobre 2026 (option Base, 6 kVA, hors promotions)
Pour le gros consommateur, l’écart avec le Tarif bleu dépasse 280 € par an avec l’offre la mieux placée. Pour le petit consommateur, il se limite à 84 €. Le cas d’Alterna montre bien le poids de l’abonnement. Son kWh est moins cher que celui du Tarif bleu, mais son abonnement plus élevé efface ce gain en dessous de 2 600 kWh environ par an. Un foyer qui consomme peu peut donc payer davantage avec une offre « moins chère au kWh » qu’en restant au tarif réglementé.
Gaz : qui propose le prix le plus bas depuis la fin du tarif réglementé ?
Le prix repère publié par la CRE sert désormais de référence pour le gaz, et les offres à prix fixe occupent aujourd’hui le haut du classement. Le type de prix reste à choisir avant l’hiver, au moment où la consommation est la plus forte.
Le prix repère de la CRE, nouvelle référence du gaz
Le tarif réglementé du gaz d’Engie a disparu le 30 juin 2023. Depuis, la Commission de régulation de l’énergie publie chaque mois un prix repère de vente du gaz. Ce n’est pas un tarif que l’on peut souscrire : il indique ce que devrait coûter une offre standard. Il comprend trois composantes, l’approvisionnement, l’acheminement et les taxes. C’est la part approvisionnement qui est actualisée chaque mois, les deux autres évoluant plus rarement.
En octobre 2026, le prix repère est passé à 182,88 € TTC par mégawattheure, contre 172,05 € en septembre. Cela représente une hausse de 6,3 % en un mois, après une première augmentation en septembre. Pour les ménages dont l’offre est indexée sur ce prix, la facture d’octobre augmente en moyenne de 5,28 € TTC.
Les offres de gaz les moins chères du moment
Le tableau ci-dessous compare six offres à prix fixe au prix repère. Le coût annuel est calculé pour un logement chauffé au gaz qui consomme 10 000 kWh par an.

Prix pour une souscription à partir du 1er octobre 2026. Les prix du gaz varient selon la zone tarifaire du logement.
Alterna propose le kWh le plus bas, mais c’est TotalEnergies qui arrive en tête sur la facture annuelle, grâce à un abonnement inférieur de près de 4 € par mois. Il faudrait consommer plus de 21 000 kWh par an, soit une grande maison mal isolée, pour que l’offre d’Alterna devienne la plus avantageuse. Ekwateur montre l’écart inverse. Son kWh fait partie des moins chers, mais son abonnement le place en bas du tableau, avec une facture proche du prix repère.
Prix fixe ou indexé, l’arbitrage à faire avant l’hiver
Fin 2025, environ 40 % des clients résidentiels avaient choisi une offre de gaz à prix fixe. Ces foyers ne subissent pas les hausses mensuelles du prix repère. Les autres les répercutent directement sur leur facture, et les mois d’hiver pèsent le plus lourd dans la consommation annuelle. Selon la CRE, si les marchés restent stables jusqu’en décembre, la facture annuelle moyenne de gaz pourrait finir 2026 à environ 10 % au-dessus de celle de 2025.
Bloquer son prix maintenant revient donc à se protéger contre de nouvelles hausses. La protection a une contrepartie : si les prix de gros baissent, l’offre fixe ne suit pas. Pour un ménage chauffé au gaz, en période de hausse, cette sécurité vaut en général plus que le risque de manquer une baisse.
Offre duale ou deux fournisseurs : quelle formule coûte le moins cher ?
Regrouper l’électricité et le gaz chez un seul fournisseur simplifie la gestion des contrats, mais ce n’est presque jamais la solution la plus économique. Il existe malgré tout quelques situations où le duo tient la comparaison.
Ce que l’offre duale apporte vraiment
Une offre duale regroupe l’électricité et le gaz chez un même fournisseur. On a alors un seul espace client, un seul service client et souvent une seule facture. Pour beaucoup de ménages, c’est l’argument décisif, d’autant que les fournisseurs ajoutent parfois une remise réservée aux clients qui prennent les deux énergies. Alterna propose par exemple 5 % de réduction sur l’électricité et 5 % sur le gaz dans le cadre de son contrat dual.
Que Choisir porte un regard plus réservé sur ces formules. L’association ne les intègre pas à son comparateur, parce qu’elle estime qu’elles ne sont pas les plus compétitives, et elle les déconseille en l’état du marché. Elle rappelle aussi un point que beaucoup de clients découvrent après coup : souscrire une offre duale, même chez EDF, implique de quitter le Tarif bleu pour l’électricité.
Pourquoi deux contrats séparés coûtent souvent moins cher
Les tableaux précédents montrent que le fournisseur le moins cher en électricité n’est pas celui qui l’est en gaz. Sur les offres d’octobre 2026, Ohm Énergie et Primeo arrivent en tête pour l’électricité, tandis que TotalEnergies domine le gaz. Choisir un seul fournisseur revient donc presque toujours à accepter une offre moins bien placée sur l’une des deux énergies.
Prenons un logement chauffé au gaz qui consomme 3 000 kWh d’électricité et 10 000 kWh de gaz par an, en ne retenant que des offres à prix fixe. Le premier scénario associe Primeo pour l’électricité et TotalEnergies pour le gaz. Le second regroupe les deux énergies chez TotalEnergies, avec l’offre Standard Fixe en électricité.

Prix TTC pour une souscription à partir du 1er octobre 2026, électricité en option Base 6 kVA.
La formule à deux fournisseurs fait économiser environ 70 € par an. Pourtant, ce calcul est favorable au fournisseur unique, puisque TotalEnergies propose le gaz le moins cher du moment. Avec un fournisseur moins bien classé en gaz, l’écart serait nettement plus important. Changer de fournisseur reste gratuit, et gérer deux contrats ne demande pas plus de démarches au quotidien que d’en gérer un seul.
Les cas où le duo reste le bon choix
Le regroupement se justifie dans trois situations. La première est celle d’un fournisseur bien placé sur les deux énergies au moment de la souscription, ce qui arrive parfois au gré des grilles mensuelles. La deuxième est celle d’une remise couplée suffisante pour combler l’écart avec la meilleure combinaison. Dans ce cas, il faut refaire le calcul complet, remise incluse, plutôt que de se fier au pourcentage affiché. La troisième concerne les ménages qui préfèrent payer un peu plus pour n’avoir qu’un interlocuteur, par exemple quand une personne âgée gère seule ses factures.
Avant de signer, il faut lire comment fonctionne la remise couplée. Souvent, elle disparaît si l’on résilie l’une des deux énergies, ce qui rend le départ plus coûteux qu’il n’en a l’air. Enfin, deux contrats distincts chez un même fournisseur ne constituent pas forcément une offre duale. Cette solution garde l’avantage d’un interlocuteur unique sans lier le sort des deux contrats.
Comment trouver l’offre la moins chère pour votre logement
Avant de comparer quoi que ce soit, il faut rassembler les bonnes informations, puis passer par un comparateur qui ne dépend pas des fournisseurs. Il reste ensuite à relire certaines clauses du contrat avant de le signer.
Les informations à sortir de sa facture
Une comparaison fiable repose sur la consommation réelle du foyer, pas sur une estimation. La dernière facture annuelle, ou l’espace client du fournisseur, indique la consommation en kWh sur douze mois, la puissance souscrite et l’option tarifaire pour l’électricité. On y trouve aussi les identifiants des compteurs : le PDL pour l’électricité, le PCE pour le gaz. Le nouveau fournisseur les demandera au moment de la souscription. Pour le gaz, le code postal du logement est indispensable, puisqu’il détermine la zone tarifaire.
Quand on ne connaît pas sa consommation, les comparateurs l’estiment à partir de la surface, du nombre d’occupants et des équipements. Le résultat donne un ordre de grandeur. Il peut pourtant inverser le classement de deux offres proches, comme l’ont montré les calculs des parties précédentes.
Comparateur indépendant ou commercial : la différence
Il existe deux familles de comparateurs. Le comparateur du médiateur national de l’énergie et celui de Que Choisir ne reçoivent aucune rémunération des fournisseurs et ne mettent aucune offre en avant. Le médiateur affiche également les conditions contractuelles et les services associés à chaque offre. Pour les personnes malvoyantes, il propose de réaliser la simulation par téléphone, au 0 800 112 212.
Les comparateurs commerciaux, de leur côté, sont payés par les fournisseurs partenaires lorsqu’un client souscrit par leur intermédiaire. Ils affirment que cette rémunération n’influence pas leur classement. Leurs outils sont souvent pratiques, mais il est prudent de croiser leurs résultats avec ceux d’un comparateur public avant de choisir.
Les points à vérifier avant de signer
Le prix affiché ne suffit pas, et trois éléments méritent une lecture attentive. Le premier est la date exacte à laquelle le prix fixe prend fin, ainsi que le type d’offre appliqué ensuite : beaucoup de contrats basculent automatiquement vers un prix indexé ou libre, parfois moins avantageux. Le deuxième concerne les conditions attachées au tarif, comme le prélèvement automatique, la facture en ligne ou la mensualisation obligatoire. Le troisième porte sur la qualité du service client. Le médiateur national de l’énergie publie chaque année le nombre de litiges enregistrés par fournisseur, une donnée utile pour départager deux offres au prix voisin.
Élec, gaz ou duo : le bon réflexe pour payer moins
En électricité, plusieurs offres de marché coûtent aujourd’hui moins cher que le Tarif bleu. L’écart dépend pourtant beaucoup de la consommation, et un petit consommateur a intérêt à regarder l’abonnement avant le prix du kWh. En gaz, les offres à prix fixe se placent nettement sous le prix repère de la CRE et mettent le foyer à l’abri des hausses de l’hiver. L’offre duale n’est rentable que si le même fournisseur se classe bien sur les deux énergies ou si sa remise couplée compense l’écart, ce qui reste rare. Dans la plupart des cas, deux contrats séparés permettent de payer le meilleur prix sur chaque énergie.
Les grilles tarifaires changent chaque mois, et un classement valable en octobre ne le sera peut-être plus au printemps. Il vaut donc mieux refaire une simulation sur un comparateur public, avec sa consommation réelle, au moins une fois par an et quelques semaines avant la fin d’un prix fixe. Changer de fournisseur est gratuit et n’entraîne aucune coupure. Le seul vrai coût est donc celui d’une offre que l’on garde alors qu’elle est devenue trop chère.



