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Pouvoir d'achat

Les 30 statistiques sur le pouvoir d’achat

Le pouvoir d'achat a reculé en 2025 et pour une fois, les chiffres officiels rejoignent le ressenti des Français. Logement, alimentation, énergie, inégalités : 30 stats essentielles pour comprendre où en est vraiment le pouvoir d'achat en 2026.

09/03/2026
8 min.
30 statistiques pouvoir d'achat

Depuis 2017, le pouvoir d’achat provoque un débat houleux : les statistiques officielles le proclament en hausse, quand le ressenti quotidien des Français en dit tout l’inverse. En 2025, les deux s’accordent enfin, malheureusement pas dans le bon sens : le pouvoir d’achat est officiellement en recul, et les ménages de l’hexagone sont plus que jamais pessimistes quant à leur niveau de vie.

Les 30 statistiques suivantes ont donc été sélectionnées pour comprendre où en est exactement le pouvoir d’achat en 2026, et montrent d’abord que son évolution négative s’explique par différents facteurs : ralentissement des revenus du patrimoine et d’activité et des prestations sociales, conjugués à une hausse des impôts et de l’inflation. Ensuite, côté postes de dépenses, les chiffres mettent le logement toujours en tête, avec une nuance importante : le marché locatif est moins touché que celui de l’achat. En deuxième position, on trouve l’alimentation, dont les prix se stabilisent en 2025 après le choc de 2023. Puis viennent l’énergie et les transports, plutôt stables entre prix de l’énergie en baisse et fiscalité toujours lourde. Enfin, les dernières données présentées font la lumière sur les inégalités cachées derrière la mesure officielle du pouvoir d’achat, qui demeure une simple moyenne.

Recul du pouvoir d’achat officiel en 2025, après une tendance à la hausse depuis 2017

L’un des chiffres officiels les plus cités est la hausse du pouvoir d’achat cumulé de +13% entre 2017 et 2024 (Assemblée Nationale, mai 2026), mais il est contesté : si le pouvoir d’achat augmente selon les données publiques, il est plutôt à la baisse dans l’esprit des Français.

En 2025, les statistiques publiques confirment au contraire l’impression générale : le pouvoir d’achat du revenu disponible brut recule de 0,4% (INSEE, mai 2026).

Notons néanmoins que le pouvoir d’achat avait déjà connu deux forts ralentissements, voire quasi stagnation en 2020 avec le COVID (+0,2%) et en 2022 avec la vague inflationniste (+0,4%). (INSEE, mai 2026)

Sources : Assemblée Nationale, Rapport parlementaire n°2747 et INSEE, Évolution de la dépense et du pouvoir d’achat des ménages

Les Français pessimistes quant à leur pouvoir d’achat

Chiffres officiels et pessimisme des français s’accordent donc enfin sur le thème du pouvoir d’achat : en 2026, 42% des Français le citent comme une préoccupation majeure (+4 points comparé à 2025), et 54 % anticipent une nouvelle baisse de leur pouvoir d'achat au cours des douze prochains mois (+10 points par rapport à 2025). (Cofidis, septembre 2026).

Parmi nos voisins européens, nous sommes même champions du pessimisme : selon l’Eurobaromètre, 44% des Français pensent que leur niveau de vie va baisser dans les cinq prochaines années, la proportion la plus élevée parmi les 27 pays étudiés (Parlement Européen, printemps 2026).

On pourrait même conjecturer que face à l’incertitude, on épargne plus, puisque le taux d’épargne français a augmenté, passant de 17% en 2023 à 18,2% en 2024 (INSEE, novembre 2025)

Sources : Cofidis, Baromètre pouvoir d’achat 2026, Parlement Européen, Enquête de Printemps 2026 et INSEE, Consommation et épargne des ménages

Un recul du pouvoir d’achat expliqué par un ralentissement des revenus du patrimoine et d’activités et des prestations sociales, ainsi qu’une hausse des impôts et de l’inflation.

Principal facteur de repli, les revenus du patrimoine contribuent pour -0,9 points en 2025 à la baisse du pouvoir d’achat, alors qu’ils portaient la hausse du pouvoir d’achat en 2024 avec +1,4 points.

S’y ajoute le ralentissement des prestations sociales, dont la participation a diminué de moitié, avec +1,0 points en 2025 contre +2,0 points en 2024. De même pour les revenus d’activités, qui ne contribuent plus que de +1,0 points en 2025, contre +1,7 points en 2024.

Enfin, La fiscalité pèse également un peu plus lourd (-0,6 point en 2025 après -0,4 point en 2024) et l'inflation retranche à elle seule 0,8 point au pouvoir d'achat des ménages en 2025.

Source : INSEE, Les comptes de la Nation en 2025

Le logement reste le poste le plus lourd, mais le marché locatif est moins touché que le marché d’achat

En 2024, le logement reste le premier poste de la dépense de consommation des ménages (27,8%). Les dépenses de logement absorbent à elles seules 22,8% du revenu disponible brut des ménages, sur un total de 30,3% de dépenses “pré-engagées” impossibles à renégocier à court terme (INSEE, novembre 2025). Ces importantes dépenses “pré-engagées” alimentent d’ailleurs les préoccupations des français quant à la bonne gestion du budget de leur ménage.

Après une hausse quasi continue de 2015 à 2022, le prix des logements anciens a connu une véritable correction en 2023-2024 (-3,9% sur un an au T3 2024), avant de repartir à la hausse en 2025 avec +0,7% (INSEE, novembre 2024 et novembre 2025)

Contrairement aux prix à l’achat, les loyers ont été largement protégés par le “bouclier loyer” pendant la crise inflationniste : l’indice de référence des loyers (IRL) n’augmente que de +1,15% sur un an au T2 2026 (INSEE, juillet 2026) , et les loyers réellement observés de 1,7% sur un an en janvier 2026, des augmentations bien en dessous du pic d’inflation générale de 2022-2023 (INSEE, janvier 2026).

Sources : INSEE, Consommation et épargne des ménages, Indices Notaires-Insee des prix des logements anciens - troisième trimestre 2024 et troisième trimestre 2025, Indice de référence des loyers (IRL) - deuxième trimestre 2026, Indices des loyers d'habitation (ILH) - janvier 2026

L’alimentation est le deuxième poste de dépense, avec des prix alimentaires qui se stabilisent en 2025 après le choc de 2023

L’alimentation représente 15,9% de la dépense de consommation finale des ménages en 2023 (INSEE, novembre 2024).

En 2023, les prix alimentaires bondissent de +11,8% (Insee, 2023), du jamais vu depuis des décennies. Mais la tendance s'inverse vite : +1,4% en 2024 (Insee, 2024), +1,2% en 2025 (Insee, 2025), avec des volumes qui se stabilisent.

Sources : INSEE, Dépenses de logement et Prix à la consommation - moyennes annuelles (IPC) - année 2023, année 2024, année 2025.

Énergie et transports : un poste stable avec des prix de l’énergie en baisse mais une fiscalité lourde

L'énergie représente 9,4% du budget des ménages en 2023 (logement + carburants), en léger recul de 0,1 point après la flambée de 2021-2022, et toujours loin du pic historique de 11,9% atteint en 1985 (SDES, 2025).

Les prix de l'énergie ont suivi un vrai cycle en montagnes russes : +23,1% en 2022, +5,6% en 2023, +2,3% en 2024, puis un net retournement en 2025, avec un recul de -5,6%, tiré par la chute des prix de l'électricité (INSEE, janvier 2024, janvier 2025 et janvier 2026).

Si les prix de l'énergie sont en baisse, cela ne se traduit pas par une baisse de ce poste de dépenses, à cause d’une fiscalité conséquente. Les carburants en sont un bon exemple : 50% de la facture provient des taxes (TVA + taxes énergétiques type TICPE), soit 629€ par an en moyenne par ménage rien qu'en taxes sur les carburants (SDES, 2025).

Les transports, eux, n'ont toujours pas digéré le Covid : 3ème poste de dépenses des ménages avec 12,9% du budget en 2023, ils restent pourtant 13% en dessous de leur tendance d'avant-crise (INSEE, juin 2026).

Sources : SDES, Chiffres clés de l’énergie, INSEE, Prix à la consommation - moyennes annuelles (IPC) - année 2023, année 2024, année 2025 et Comptes Nationaux

Les inégalités face au pouvoir d’achat : une moyenne qui cache des différences d’impact considérables

Les 10% de ménages les plus modestes ont vu leur niveau de vie reculer de 1% dès 2023, alors même que la moyenne nationale progresse cette année-là. Ils ont donc décroché avant que le recul ne devienne général en 2025 (Assemblée Nationale, mai 2026), un fait facilement occulté quand on ne questionne pas la pertinence de la mesure officielle du pouvoir d’achat.

L'écart de taux d'effort logement est spectaculaire : en 2022, les 25% de locataires du privé les plus modestes consacrent en moyenne 44,7% de leurs revenus au logement, contre seulement 10% pour les 25% de propriétaires non-accédants les plus aisés, un écart de plus de 6 fois (INSEE, novembre 2024).

Entre 2013 et 2023, le pouvoir d'achat salarial a progressé de 3,2% dans le privé, contre seulement 1,2% dans la fonction publique, une érosion structurelle qui n'a rien à voir avec le cycle conjoncturel de 2025, mais qui dure depuis plus de dix ans (INSEE, décembre 2025).

À l'inverse, les bas salaires ont été relativement épargnés : le SMIC a progressé de 17% en euro courants entre 2020 et 2025, une revalorisation qui a suivi d'assez près l'inflation cumulée sur la période grâce à son indexation automatique (INSEE, Septembre 2026).

Sources : Assemblée Nationale, Rapport parlementaire N°2747, et INSEE, Logement, Séries longues sur les salaires dans le secteur privé et dans la fonction publique, Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic)